Déchirer, froisser, graver...

D’une manière presque primitive.

Papier, carton, matière recyclée, réemployée ou la plus brute possible. Collection de textures, de fragments abîmés, écorchés, moins lisses, révélant leurs fragilités, leurs possibilités et des facettes insoupçonnées.

Formes, reliefs, plis, qui racontent de nouvelles histoires, perturbent le regard. Empreints des mouvements corporels affligés à la matière inerte, les fragments reflètent de nouveau une forme de vie, évoquent une nouvelle nature : eau, feu, vent, minéral, végétal.

Je crée des paysages à mi-chemin entre un quotidien surréaliste et des promenades intérieures, entre ombre et lumière, accumulations, disproportions et répétitions de repères mouvants : un oiseau, un astre, un nuage.

Une pratique qui engage le corps et les contrastes forts : noir, blanc, kraft, miroir. Une manière de traduire l’intensité des émotions traversées pendant une période trouble qui a déclenché ce besoin d’expression. Entre prise de conscience de la complexité des défis sociaux et environnementaux à relever, perte de place dans la société, ruptures affectives et isolement social. Une situation de vie presque banale dans une génération de Millenials en quête de sens.

Mon travail questionne plus largement ce qui nous met en mouvement à l’échelle individuelle et collective. Entre inconfort et désir, nécessité et engagement, douleur et joie, encouragement et empêchement.

Architecte de formation, ma sensibilité au minimalisme, à la scénographie et à l’art de vivre japonais transparaît dans l’esthétique, les matériaux et la construction des oeuvres pensées pour facilement décomposées un peu comme un décor de théâtre.

Une ouverture à de possibles mouvements futurs, forme de frugalité et modestie manifeste autant qu’éloge de l’impermanence et du vivant.